Elle,moi et le coronavirus

Février 2020, je réalise que ce qui se passe en Chine va avoir un gros impact sur nous également. En dialyse, personne n'y croit et on en est toujours à la théorie de la "petite grippette. Vous connaissez la suite, le 16 Mars, on se retrouvera confiné et aujourd'hui rien est encore fini.


Moi en Mars 2020, j'avais tout organisé pour partir une semaine en vacances en Italie...

Quand on est dialysé, partir en vacances est un parcours du combattant....Trouver une destination avec des centres de dialyses, demander l'accord du médecin, faire des dossiers pour être accepté dans le centre de dialyse et trouver un hébergement au plus proche etc... Le coronavirus m'a volé les seules vacances à l'étranger que je pouvais me permettre depuis 2013, date de mes dernières vacances....

Je croyais naïvement que ce serait la seule chose mais comme pour beaucoup, cela ne s'est pas arrêté là....

J'ai perdu des chances également d'être greffée car les transplantations ont été arrêté pendant une longue période.


Et comme tout à chacun, j'ai perdu un peu plus de liberté...

Depuis Février 2020, j'ai arrêté d'avoir une vie sociale, je ne prends plus les transports en commun, je ne côtoie plus ma famille ni même mes amis et je n'accompagne plus mes enfants à l'école pour ne pas prendre de risques.


J'entends que la jeunesse souffre mais je souffre également d'être confinée, je souffre également de n'avoir plus comme interaction sociale que les dialyses.


Nous, insuffisants rénaux, sommes reconnus comme étant les plus fragiles face à cette pandémie et pourtant à l'heure actuelle, très peu ont pu bénéficier d'une vaccination...


La solution n'est pas dans le confinement, l'isolement des personnes à risques mais dans la vaccination des personnes fragiles et dans l'isolement des personnes positives au coronavirus.


Je ne me suis jamais sentie aussi isolée, démunie que cette dernière année où je n'ai pu compter que sur moi pour me préserver. J'ai du, notamment, investir dans des masques FFP2 pour aller en sécurité à mes rendez vous médicaux.

Je me suis privée d'embrasser mes enfants, de les serrer dans mes bras car eux continuaient leurs vies à l'école.

Je me suis disputée avec une amie qui considérait la pandémie comme une manipulation du gouvernement et qui clairement ne voulait pas respecter les gestes barrières....

Je ne peux pas aller voir mon grand-père en fin de vie en ehpad car cela est trop risqué pour moi vu que des cas y sont positifs et que le médecin responsable me refusera l'entrée...


C'est vraiment une double peine qui est imposée aux personnes malades chroniques, âgées ou fragiles.


Nous portons chaque jour le poids de notre santé fragile, nous portons depuis un an la responsabilité de nous protéger mais la pandémie ne s'est pourtant pas arrêtée.


La solution est elle vraiment dans l'isolement des plus fragiles? Je ne le pense pas.