Elle et moi, vivre le don...

Ce n’est clairement pas un sujet facile à aborder mais ce serait un non-sens vu mon parcours de ne pas l’aborder.

Vivre le don, c’est une rencontre inaboutie, une rencontre qui n’aura réellement jamais lieu entre deux individus, deux familles victimes de leur destin.

Ma famille aurait pu ne connaitre qu’une version de cette épreuve du destin qu’est le don d’organe. Elle aurait pu vivre simplement l’angoisse, l’acceptation, l’appropriation et la joie d’être du coté de celui qui reçoit.

De tout ça , je vous en reparlerai à un autre moment, quand Marcel et mes deux autres héros anonymes referont surface.

J’ai envie, là, tout de suite, de vous parler de ceux qui deviennent des héros malgré eux.


Comment dans un moment tragique et innommable qu’est la mort d’un être cher, des familles comme la vôtre, comme la mienne donnent à quelqu’un quelque part dans le monde un espoir de vie jusque là brisée.


En septembre 1986, j’avais alors tout juste 7 ans et le don d’organe avait évoqué de manière lointaine comme traitement à ma maladie par le monde médical, ma famille a fait face à la perte douloureuse, inacceptable, tragique et brutale de mon oncle qui venait d’avoir 20 ans.


20 ans…tant d’espoir qui s’envolait…


Et puis cette phrase « Accepteriez-vous de faire don de ses organes pour aider des patients malades ? »


La maladie, ma famille la connait bien, ils la partagent jour après jour avec moi depuis 4 ans; Ils ont tant espéré pouvoir m’aider moi et là le destin, la vie dans ce qu’elle a de plus cruel, leur a donné cet espoir de vie, qu’un jour prochain, d’autres le feraient pour eux.


A cet instant, dans la douleur immense qui les frappait, ce Oui du don, ce Oui pour la Vie, était une main tendue dans l’univers à toutes ces familles endeuillées pour qu’ils trouvent en eux cette petite lueur d’espoir.


A toi Yann,

Et à tous les autres donneurs d’espoir.