Elle et moi et l'estime de soi

L’amour et Elle, c’est un peu comme l’huile et l’eau, ça ne se mélange pas.


Elle, ses passions, ce sont les lits d’hôpitaux, la procrastination, les cicatrices et le MEOPA (petite traduction pour les néophytes : le gaz hilarant auquel vous avez le droit pendant les opérations)… Rien qui ne se conjugue avec l’estime de soi.


Tandis que moi, petite déjà, j’étais plutôt à vouloir charmer mon monde, mettre des jolies robes, faire de grands sourires et surtout tout faire pour m’éloigner d’Elle et la rendre invisible aux yeux des autres.


Nous étions donc à nouveau totalement en désaccord et à nouveau Elle essayait de me mettre des bâtons dans les roues.

Parce que franchement, Elle est bien mignonne mais l’hôpital en soi, ce n’est pas le meilleur endroit pour conter fleurette et pour être au mieux de ton sex appeal avec ta petite blouse bleue layette ouverte sur les fesses, tes cheveux en bataille et ton pied à perf en guise de sac à main. Pour le glamour, on repassera !


Il fallait clairement que je ne compte pas sur Elle pour m’aider à rencontrer le prince charmant.

Ma vie sentimentale ne s’annonçait donc pas sous les meilleurs auspices et comme en matière d’amour, « Pour aimer l’autre, il faut d’abord apprendre à s’aimer soi ». Cela prévoyait quelques années de travail sur moi.


Surtout que dans ma tête, mon corps ne m’appartenait plus depuis belle lurette. Il fallait donc que j’apprenne à me le réapproprier et à ne plus le voir comme synonyme de souffrance.


C’est donc avec beaucoup de patience, de jolies rencontres et d’autres moins que j’ai appris à aimer et accepter chaque cicatrice comme un espoir de vie qui m’a été offert, chaque transformation dû aux médicaments comme une nouvelle occasion de mettre ce que j’aimais de moi en valeur.


Ce fut et ça l’est encore, un apprentissage de chaque instant car avec Elle rien n’est jamais acquis.